De Gazeran, domaine et château de Rambouillet

Au départ de Gazeran, le noyau dur des RTT s'en est allé pour une belle balade dans le domaine de Rambouillet. Il y avait de quoi faire, puisqu'il s'étend sur des milliers d' hectares. Nous irons jusqu'à entrer dans la rue principale de la ville, pour y déjeuner au chaud. A croire que nous en prenons l'habitude! 

De Gazeran au domaine de Rambouillet

Le départ fut donné devant la Maison de Retraite, où ni Alain ni moi n'avons tenu à nous attarder. Pas encore !

A la sortie de Gazeran, notre attention toujours en veille fut attirée par une construction hétérogène, avec haut bâtiment, hauts murs et tour. Il semblerait qu'elle a été bâtie sur ce qui restait du château-fort de Gazeran.
Un peu plus loin, sur une butte, c'est le château de Guéville, vaste batisse de la fin du XIX ème s. , dans un style qui veut rappeler la Renaissance. Il fut bâti pour le président Sadi Carnot, ce qui ne l'empêchera pas de se faire assassiner en 1894, ni d'habiter post mortem au Panthéon. Le château fut acheté il y a quelques années dans le but d'en faire un lieu de séminaires, mais ceux-ci devenant plus nombreux que les entreprises concernées, la faillite mit fin à l'essai. Il appartient aujourd'hui à un exploitant agricole qui n'en fait pas grand-chose, mais assure le minimum pour éviter le pire.
 

 château de Gazeran 

château de Guéville

Domaine de Rambouillet

Nous avons souvent marché dans la forêt de Rambouillet. Mais ce qu'on appelle le domaine de Rambouillet, c'est à dire quelques milliers d'hectares autour du château, n'avait pas encore connu les pas graciles des RTT. 

Après le haras, nous passons devant la Chaumière aux coquillages. Cette petite maison est une fabrique, indispensable à tout jardin à l'anglaise qui se respectait. Elle fut construite vers 1770-1780 par le duc de Penthièvre (fils du comte de Toulouse, lui-même fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan), alors propriétaire du domaine, pour la princesse de Lamballe, sa belle-fille. On connait le destin de la belle: amie de Marie-Antoinette, elle la précéda au royaume du bon dieu, et on promena sa tête piquée sur une lance jusqu'aux fenêtres de la prison du Temple où était enfermée la reine. De quoi donner des idées aux divers intégristes d'aujourd'hui! 

Un peu plus loin, on arrive à la Laiterie de la Reine, construite par Louis XVI pour faire aimer Rambouillet à la Reine. Encore une fabrique, qui se veut symboliser le retour à la nature prôné par le siècle des Lumières. Comme la reine jouait à la paysanne à Versailles, elle joue ici à la crémière, et déguste les laitages fabriqués dans les dépendances d'à-côté.

Mort de la princesse de Lamballe
« Un perruquier du nom de Charlat, tambour des volontaires, lui ôta son bonnet du bout de sa pique et la blessa légèrement, tandis qu'un autre égorgeur lui jetait une bûche dans les reins. La princesse tomba et fut criblée de coups. On lui ôta ses vêtements ; elle resta ainsi près de deux heures exposée, nue, à la risée lubrique de la foule. On la traîna ensuite jusqu'à la borne située à l'angle des rues du Roi-de-Sicile et des Ballets, sur laquelle on appuya sa tête qu'un nommé Grison scia avec son couteau et mit au bout de sa pique. Le perruquier Charlat lui ouvrit la poitrine, lui arracha le cœur qu'il plaça au bout de son sabre, tandis que suivirent d'autres mutilations obscènes et sanguinaires ». (Dictionnaire historique des rues de Paris)

chaumière aux coquillages

laiterie de la Reine

Une rare montée, et on parvient à la ferme royale, nationale aujourd'hui, qu'on appelle aussi Bergerie royale. Louis XVI l'a créée en 1785, en y installant un grand troupeau de moutons mérinos achetés au roi d'Espagne.

A gauche des beaux bâtiments de part et d'autre d'un vieux colombier, une des plus importants de France. Ils abritent une école de bergers, devenue en 1939 l'Ecole nationale d'élevage ovin. Le colombier pouvait contenir 2000 volatiles, moins aurait été indigne d'un colombier royal! 

A droite la ferme, qui abrite en plus des mérinos, des vaches laitières, des vaches à viande, des chevaux de trait, des poules pondeuses, des volailles, des chêvres, des cochons, des lapins. On peut visiter les lieux et approcher les bébètes à l'occasion de visites autorisées.

 

Le château

Le comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan, acquiert le domaine à Fleuriau d'Armenonville en 1706. Il va embellir le domaine et considérablement l'agrandir. A sa mort en 1737, le domaine passe à son fils, le duc de Penthièvre (1725-1793). Il y passera beaucoup de temps, s'attachant à la création d'un jardin à l'anglaise et ses fabriques.

Mais le domaine fait envie à Louis XVI, qui vient chasser à Rambouillet. Alors ce que roi veut, sujet veut. Il forcera son cousin à lui vendre le domaine (Penthièvre se rabattra sur Bisy), mais à un prix très élevé, cadeau des contribuables. Pas de chance, sa petite-femme n'aime pas Rambouillet, elle l'appelle la "crapaudière". Alors l'aimable roi fera construire une nouvelle aile pour loger 400 serviteurs, et fera construire quelques jouets comme la laiterie et la ferme.

Abandonné pendant la révolution, Napoléon lui redonne vie et le remet en état. Il y passera la dernière nuit de son règne, et Charles X quinze ans plus tard y signera son abdication dans le route de l'exil.

Napoléon III viendra à Rambouillet, et plus tard les présidents de la république, amateurs de chasse comme leurs prédécesseurs royaux. En 1896, il devient officiellement résidence présidentielle et lieu privilégié des chasses présidentielles jusqu'à VGE. Il reçoit aujourd'hui des chefs d'état étrangers et des réunions internationales. 

Fiche de visite du château

château de Rambouillet

Hôtel de Ville de Rambouillet

Palais du roi de Rome

Dans le domaine, nous marchons le long de la Guéville, paradis des canards et d'un héron qui ne s'est envolé qu'à quelques mêtres de nous. Des îles, dont l'île des Roches ont été aménagées pour les jeux des puissants,  et le plaisir des yeux des manants.

Avant de sortir du domaine, nous voyons une dernière fabrique, l'Hermitage, construit au XVIIIème s.

Le film

Le parcours

Rambouillet Chevreuse

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