Du Parc de Marly à la Machine de Marly

Une rando inhabituellement citadine pour Françoise, Alain, Pierre, Joël, Alain et Jean-Marc, mais covid oblige. Une belle occasion de (re)découvrir le riche patrimoine historique de la région, en marchant aussi parfois sur les pas des impressionnistes.

Il ne reste rien du château de Marly et de ses douze pavillons destinés aux invités du roi. Louis XIV en décide la construction en 1679 pour fuir la pesanteur de Versailles. 
"À la fin, le roi, lassé du beau et de la foule, se persuada qu’il voulait quelquefois du petit et de la solitude" (Saint-Simon).
Destinés à la famille royale et aux invités du roi, ceux-ci attendent parfois des mois pour avoir l'honneur d'y être conviés. Ainsi Saint-Simon se moque-t-il des courtisans qui au passage du roi l'imploraient :"Sire, Marly ...".
A Marly, on festoie et prend du plaisir, on joue à l'escarpolette (balançoire), à la ramasse, au mail (jeu entre le golf et le croquet), au billard, aux cartes ou on fait de la gondole sur le "grand miroir".

Le pavillon royal comprenait en son centre un grand salon octogonal, entouré des quatre appartements de la famille royale. De part et d'autre du canal central, "le grand miroir", deux rangées de six pavillons destinés aux invités symbolisent les douze signes du zodiac tournant autour du soleil qu'est le pavillon royal bien sûr.
Délaissé par Louis XV et Louis XVI, le domaine se délabre peu à peu. Il est pillé par les révolutionnaires en 1789, puis racheté par un industriel qui y installe sa filature de coton. Les affaires n'étant pas florissantes, il est démantelé et tous les matériaux sont vendus.
Il ne reste actuellement plus rien de visible du château édifié par Jules Hardouin-Mansart, si ce n'est la représentation au sol des murs du Pavillon royal et de deux des douze pavillons.

On quitte le parc après avoir monté la coulée verte et nous entrons dans la forêt de Marly, puis le bois de Louveciennes.

Petits coups de peigne et nos meilleurs sourires pour longer les hauts murs surmontés des caméras et rayons du fantasmatique château Louis XIV.
Construit entre 2008 et 2011, il est acheté en 2015 par MBS, prince héritier d'Arabie Saoudite, pour la modique somme de 275 millions d'euros. Situé sur un domaine de 25 hectares, la surface habitable s'élève à 5000 m², ce qui est beaucoup mais bien moins que le palais d'Erdogan
Bâti sur le domaine de l'ancien château du Camp et sur le modèle de Vaux-le-Vicomte, il est construit selon les méthodes, techniques et constructions du 18ème siècle, avec bien sûr la modernité du XXIème siècle.

Aussitôt après ce château d'un autre temps, nous entrons dans La Celle Saint-Cloud. Cette commune à flanc de côteau renferme quelques jolis quartiers, comme la rue Couturier ou son ancien centre (à droite).

Caché derrière ses hauts murs, le château de La Celle est désormais la propriété du Ministère des Affaires Etrangères. D'importantes réunions internationales y ont eu lieu, et il sert encore à recevoir des hôtes étrangers. Sa construction a débuté au 17ème siècle, et les siècles suivants y ont apporté leurs lots d'améliorations et d'agrandissements.

Nous sortons de la cité par le parc de la Jonchère, aux châtaigniers vieux de plusieurs centaine d'années. Il accueillera notre pique-nique sur un promontoire au-dessus de Bougival, offrant une vue impayable sur la Seine et le nord-est de l'Ile de France.

 

Bougival, c'est la machine de Marly et les Impressionnistes. Ces derniers ont aimé peindre la Seine ou les côteaux qui la dominent. Des circuits de promenade rappellent leur passage en présentant des reproductions de leurs tableaux, qui permettent de comparer l'avant et le maintenant.

De l'église de Bougival, récemment restaurée, nous descendons l'agréable rue principale pour rejoindre la Seine que nous longeons jusqu'à l'emplacement de la célèbre machine. La RN13 avec ses deux fois deux voies n'a plus grand-chose à voir avec la mauvaise route qu'on voit sur les toiles de Sisley, mais si on regarde du côté du fleuve, l'écart n'est pas si grand.

On venait de partout admirer la machine de Marly, construite pour alimenter en eau les châteaux de Marly et de Versailles. Construite en 1681 et 1682, ce gigantesque système de pompage n'a jamais très bien fonctionné. La machine est démolie en 1817, remplacée par une machine à la technologie voisine, mais avec une pompe à vapeur, puis par une machine hydraulique conçue par l'ingénieur Dufrayer. Elle sera arrêtée en 1953 et démolie en 1968. Il en subsiste un petit édifice au milieu de la Seine (ci-dessous).

Un chemin en pente raide permet de suivre les tuyaux jusqu'à l'aqueduc de Louveciennes. 36 arches, 653 mètres de long, 10 à 20 mètres de hauteur pour 2 à 4 mètres de largeur, ce gigantesque ouvrage construit sous la houlette de Mansart n'a plus aucune utilité aujourd'hui.

Après 90 mètres de dénivelé et une pente parfois à 15%, on arrive sur le château du Barry, construit à la demande de Louis XIV pour le promoteur de la machine de Marly, Arnold de Ville. Le château est plus tard offert par Louis XV à sa camarade Jeanne Bécu ou du Barry, qui, le trouvant un peu juste, le complètera d'un très élégant Pavillon de Musique pour ses réceptions (ci-dessous à droite). 

Face au château, un adorable petit quartier, place de Dreux, rappelle qu' Auguste Renoir, Kurt Weill et Charles Munsch ont habité ici.

Nous entrons aux abords de Louveciennes, en longeant d'abord les deux bâtiments de réception qui ont été adjoints au château du Barry à la fin du 19 ème siècle, puis le château de Voisins, aujourd'hui campus de BNPP.
Le château a été construit au milieu du 17 ème siècle pour devenir bientôt la propriété de la princesse de Conti. En 1820, son propriétaire le fait démolir pour en reconstruire un nouveau, tel qu'on le voit aujourd'hui. C'est en 1946 que la BNCI, qui a donné naissance en 1966 à la BNP en fusionnant avec le CNEP, l'acquiert. 

 

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